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La génération Z secoue les firmes

Écrit par Béatrix Charlier le 18 octobre 2018

Entretien réalisé par Aude Forestier pour le Quotidien du 18 octobre 2018

D’après Béatrix Charlier, les jeunes nés à partir de 1995 ne sont pas tous porteurs des valeurs de la génération Z.

C’est inédit dans l’histoire des entreprises. Pour la première fois, quatre générations y cohabitent. Cette situation unique pose de multiples questions dont celle de la collaboration intergénérationnelle. L’an passé, une étude sur le sujet a été menée par le cabinet conseil luxembourgeois P’OP et le LIST. Il en ressort que la génération Z, celle née à partir de 1995, n’a pas la même conception de l’entreprise que ses aînés. Les jeunes ne feront que passer dans les sociétés, selon Béatrix Charlier, la fondatrice du cabinet P’OP, qui a présenté les résultats de l’étude mardi soir.

Une étude a été menée sur ce sujet en novembre 2017 par le cabinet conseil P’OP et le LIST. Les conclusions ont été présentées mardi soir lors d’une conférence organisée par eST’elles Luxembourg. On y apprend, entre autres, que la génération Z n’a pas la même conception de l’entreprise que ses aînés.

Pour la première fois dans le monde de l’entreprise, quatre générations doivent travailler ensemble : les baby-boomers (19461965), les X (1966-1979), les Y (1980-1995) et les Z (1995 à aujourd’hui). Ce qui pose beaucoup de questions, comme : que pensent-elles, les unes des autres, dans le milieu professionnel? Comment se jugentelles et, surtout, comment travaillent-elles ensemble? Ces interrogations ont été au centre d’une enquête menée auprès de 350 personnes en 2017 sur le sujet par le cabinet conseil luxembourgeois P’OP et le Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST). Les résultats ont été présentés mardi soir par Béatrix Charlier, coach en entreprise et fondatrice de P’OP, lors d’une conférence organisée par le réseau professionnel féminin EST’elles Luxembourg.

Le Turnover de la génération Y dans les entreprises au Luxembourg

Selon Béatrix Charlier, cette enquête faite à la suite d’une première menée en 2016 sur le turn-over des salariés de la génération Y en entreprise. Après s’être focalisé sur ce phénomène, il semblait donc naturel de s’intéresser à ce qui se passe lorsque quatre générations cohabitent dans une même société.

Une nouvelle photo de l’entreprise

Deux questions se posent pour la coach : «Est-ce qu’ils travaillent dans leur propre prospérité? » et sont-ils heureux? Pour elle, le Luxembourg est «un magnifique lieu pour étudier cela car c’est un creuset de diversité». Lorsqu’une actualisation de l’étude sera faite (peutêtre d’ici 2 ou 3 ans), on aura alors «une nouvelle photo de l’entre- prise». On pourra voir si les babyboomers l’auront quittée ou si les jeunes de la génération Z l’auront intégrée. Béatrix Charlier doute sur ce point. Elle constate que des étudiants sont déjà les entrepreneurs d’aujourd’hui. «Il faudra que l’entreprise se repositionne pour pouvoir attirer ces talents.» Les Z, eux, sont plutôt intéressés par la création de leur propre business. «Une entreprise qui n’engage pas, assure la créatrice du cabinet P’OP, c’est une entreprise qui meurt.»

Chaque génération a sa vision du réel. Les Z «vont avoir une réalité augmentée» tandis que «les babyboomers et les X sont dans l’historicité».

Dans l’étude, les participants de toutes générations confondues affirment que le bien-être au travail est une notion essentielle. D’après Béatrix Charlier, le premier facteur de rétention d’un talent en entreprise, c’est l’ambiance positive entre les individus. Les primes et autres avantages ne la remplaceront jamais. Le travail intergénérationnel est «stimulant pour les X». C’est, en fait, de «l’énergie qui arrive» dans la firme avec de nouvelles connaissances.

Un Y connecteur de générations

D’ailleurs, «les Z et les X, ça peut marcher assez bien». Le rapport entre ces deux générations est semblable à celui des petits-enfants avec leurs grands-parents. Les Y joueraient le rôle des «connecteurs» entre les X et les Z car «ils comprennent certains processus à l’intérieur de l’entreprise » et ont « cette faculté de connaître des nouveaux outils». Les Z n’ont pas le même rapport au temps que leurs aînés. Alors que les X sont dans le planning et le rétroplanning, les Y «s’inscrivent dans l’instantanéité». Et les Z sont «dans la fulgurance de l’instant, ils captent les choses et réagissent directement». Cette dernière pense que les jeunes de la génération Z «ne feront que passer dans l’entreprise». Ils la fertiliseront avec leurs idées. Si une firme veut garder un Z, «il faut faire du collaboratif». Le management doit devenir collaboratif et transparent.