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Pour relever le défi de la survie, un seul levier, celui de l’engagement !

Écrit par Béatrix Charlier le 19 novembre 2020

Par Béatrix Charlier, CEO de P’OP – Dans cette période ô combien darwinienne, l’enjeu premier des dirigeants d’entreprise est devenu une question de survie. Réussir à pérenniser sa boîte n’a jamais été aussi difficile, complexe, voire hasardeux.

Or ni le hasard, ni la chance ne peuvent être d’un quelconque recours.

À cet enjeu s’en ajoute un second, celui dont on ne parle pas, celui du désengagement des collaborateurs, de celles et ceux qui ne veulent pas réintégrer les structures à celles et ceux qui les quittent.

Aujourd’hui, le fossé n’a jamais été aussi grand entre les enjeux des dirigeants et les attentes de leurs collaborateurs ! L’objectif de l’enquête de biais réalisée en juin est de vous donner les clés pour comprendre ce qui est en train de bouger durant ce Momentum au sein de vos structures.

Accueillir à nouveau 

Si la question des conditions sanitaires du retour des collaborateurs est au cœur des préoccupations de chaque structure aujourd’hui, il reste une autre appréhension plus sourde, plus complexe et donc difficile à formuler : celle de leur réengagement.

C’est là tout l’enjeu actuel. Comment accueillir à nouveau les membres de chaque équipe alors que les sensations provoquées par le confinement de ces trois derniers mois ont heurté de plein fouet les sphères professionnelle et privée de chacun d’entre nous.

Toutes et tous, nous avons été bousculés dans nos rapports au monde, au travail, à la famille, à nos proches et à nous-même.

Des chemins de loyauté éphémères

Le premier indicateur de cette 3ème enquête révèle que 27% des collaborateurs, toutes générations confondues, ont l’intention de quitter leur emploi actuel. Par rapport aux deux précédentes enquêtes de 2016 et de 2017, cet indicateur présente une baisse de près de 30%. Si l’on s’en tient aux seuls représentants de la génération « Y » (né entre 1978 et 1995), les Gamers du Turnover, ils ne sont plus aujourd’hui que 30,7% à rêver à de nouveaux horizons. Nous sommes loin des 60,5% qui le revendiquaient en 2016 !

Ce premier indicateur est bien entendu inhérent à « l’effet crise » ! La peur crée des chemins de loyauté. Dans cette période de doute et d’incertitude, le besoin de sécurité devient l’un des premiers besoins à combler. Attention toutefois à ne pas tirer de conclusions hâtives sur ces chiffres dont la volatilité reste l’un des attributs, surtout en ce qui concerne les Millenials, comme nous le verrons plus loin.

De nouveaux sens se dessinent 

Le second indicateur parlant est relié à la question : « Après la crise sanitaire de ces dernières semaines, est-ce que vos aspirations professionnelles ont changé ? »

La réponse est oui pour 46,7% des répondants !

En tête viennent les représentants des générations « X » (né entre 1966 et 1977) et « Y » (né entre 1978 et 1995) à raison de 49,5% pour chacune d’elle. Ils sont suivis par 41% des New Joiners, ceux de la génération « Z » (né entre 1995 et 2012) fraichement embarqué ! En fin de marche, 38% des Baby Boomer (né entre 1945 et 1965) s’allient à cet avis.

Ce score est d’autant plus éloquent qu’il nous informe de manière claire sur ces nouvelles aspirations. Si l’on s’en tient au taux moyen, toutes générations confondues, leur classement est le suivant :

1. M’investir pour une entreprise dont les valeurs sont alignées avec les miennes (50%) ;

2. Travailler plus près de mon domicile (45%) ;

3. Réduire mon temps de travail, même si je gagne moins (40%) ;

4. M’investir dans des actions qui ont un impact pour l’environnement (28%) ;

5. Changer d’orientation professionnelle (21 %).

Des valeurs aux vertus

« M’investir pour une entreprise dont les valeurs sont alignées avec les miennes » arrive en tête des nouvelles aspirations. Ce nouveau besoin centré sur les valeurs n’est pas seulement une affaire personnelle, il annonce une nouvelle exigence, celle de l’authenticité. Afficher les valeurs de l’entreprise sur des murs qu’ils soient physiques ou virtuels n’est plus suffisant. Redonnons-leurs du sens ! Voilà ce que semble nous dire ces premiers résultats.

La culture d’entreprise ne se décrète pas, ne se déclame pas, elle se vit et elle s’incarne !

Les deux aspirations suivantes semblent émaner davantage de la sphère privée. Il y a là une ressource dont la gestion a été questionnée lors de ce confinement : celle du temps. Si les 24 heures d’une journée sont la seule ressource par rapport à laquelle tout être humain est à égalité, nous sommes déjà toutes et tous posés la question de savoir comment gagner du temps ?

Il semble que le confinement lui ait apporté un nouvel éclairage.

Le premier vise à éviter de perdre du temps, en réduisant le temps de déplacement et surtout le temps gaspillé dans les bouchons. Le second, plus engagé si j’ose dire, revoit la répartition du temps dédié à sa vie privée. De cela naît pour certains une nouvelle intention, celle de travailler moins, même si cela veut dire gagner moins d’argent ! L’expérience du télétravail a permis de domestiquer le travail, de lui redonner une place. Il y a une vie à vivre pleinement et non un espace de vie restant une fois que l’on a fini de travailler !

Assiste-t-on à l’émergence de nouvelles libertés ?

Que l’on en ait manqué ou retrouvé, durant ce confinement notre rapport au temps a joué le rôle de révélateur. Pour celles et ceux qui en ont disposé, il ont pu ébaucher de nouveaux projets, se doter d’une autre vision, rêver à d’autres possibles. En un mot accéder à un espace de libertés.

Cette liberté, valeur emblématique de la génération « Y » avant la crise sanitaire l’est restée. En effet, l’aspiration à changer d’orientation professionnelle est majoritairement portée par les Millenials, à raison de 34,7%.  Croire que la crise actuelle va réduire leur besoin de bouger serait donc une grave erreur. Leur quête de sens les porte constamment à se réinventer !

Le sens du travail a changé.

Avant le confinement existait déjà une crise du sens au sein des entreprises comme l’avait révélée notre enquête sur « Le Turnover de la génération « Y » » éditée en 2016. Pour autant, lors du confinement, nous nous sommes toutes et tous posés la question du sens de notre travail. Nous avons en quelque sorte intégré la quête et le monde des Millenials.

Aujourd’hui, travailler pour travailler ne peut plus suffire ; tout comme s’enrichir pour s’enrichir ne peut plus être l’unique vocation de l’entreprise.

Nul ne sait ce que seront les entreprises de demain !

L’enjeu actuel des entreprises est de proposer un sens plus grand que la simple performance économique.

Celles qui parviendront à garder leurs collaborateurs à moyens termes, entendez après le printemps 2021, seront celles qui a minima intègreront l’autonomie (télétravail, espace de co-working, nouvelles mobilités…) et incarneront des valeurs fortes qui les engagent à contribuer à une société vivable et durable.

Pensez que le Covid19 ne nous a pas de cadeau serait une erreur. Il nous a offert la rupture ! Et il faut une rupture pour qu’il y ait progrès ! Ce n’est pas en perfectionnant la bougie que l’on a inventé l’électricité…

À la veille d’un effondrement annoncé, soyons audacieux, voire utopistes, sortons nos atouts maîtres ! Osons l’intelligence pour aller au bout de nos rêves et renaître tel des phœnix. Osons allumer de vraies lumières !

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Si vous rencontrez des signes de désengagement ou même de Turnover chez vos collaborateurs, des solutions existent ! Venez me rencontrer sur le stand P’OP lors de Human Capital Europe ce 26 novembre et discutons plus en détails par chat ou visio.